La Comédie de Durante degli Alighieri

11 Mar,2016 | Livres et textes | 6 commentaires

La Commedia est l’œuvre de Dante la plus célèbre. Connue et étudiée dans le monde entier, elle est tenue pour l’un des chefs-d’œuvre de la littérature mondiale de tous les temps.

La Comédie de Dante est un poème composée, selon la critique, entre 1307 et 1321. J’ouvre une parenthèse ici pour souligner que l’adjectif Divine couramment utilisé dans le titre de cette œuvre est attribué à Boccace et non à l’auteur, et se retrouve seulement à partir de l’édition imprimée en 1555. Le monde entier associe cette poésie à de la fiction, à une imagination géniale ou à des faits historiques. Tout étudiant du Gnosticisme universel doit savoir que ce récit n’a rien d’imaginaire. Bien au contraire, la poésie a été savamment utilisée par Durante degli Alighieri dit « Dante » afin de relater sa descente consciente dans les Mondes infernaux de la Terre. La descente consciente dans les enfers est un processus naturel que tout Initié doit vivre. Pour étudier en profondeur ce sujet, lisez Les Trois Montagnes et Oui il y a l’Enfer, le Diable, le Karma de Samaël Aun Weor.

Version texte seul

Version illustrée

Le choix de la traduction

Il existe de nombreuses traductions françaises de la Comédie, et c’est avec le souci de rendre disponible une version qui respecte le plus possible l’original que j’ai fait des recherches et comparé plus d’une dizaine de traductions. Je m’étais arrêté en premier lieu sur la traduction de Ernest De Laminne datant de 1913 et 1914, cependant, je fus déçu de constater que seuls les deux premiers volumes étaient disponibles. Le troisième, le Paradis était introuvable et n’avait peut-être même jamais été édité… Mais par bonheur, je suis tombé sur la surprenante traduction de Madame Lucienne Portier.

Traduction française par Lucienne PORTIER (1894-1996)

Agrégée d’italien de l’université, docteur ès lettres, Lucienne Portier a été professeur à la Sorbonne. Elle a publié des ouvrages nombreux dont la traduction de La Comédie, 1987. Voici madame Portier dans un extrait de son introduction original.


« Encore une traduction de la Comédie ! dira-t-on peut-être. Eh oui, encore une traduction de l’intraduisible poème de Dante. Précisément parce qu’il est intraduisible, il demande des approches différentes.

La culpabilité du traître — traduttore traditore — n’accompagne pas fatalement le traducteur qui, en revanche, ne peut éviter une sorte de désespoir, surtout quand il s’agit de poésie, de cette poésie qui réside dans l’expression irremplaçable où rien, absolument rien ne saurait être modifié, et dont la traduction se propose de changer les mots, la syntaxe, le rythme, les sonorités… Il reste le sens, mais les nuances du sens sont si étroitement liées aux formes suggestives qu’on est ramené là encore à une difficulté souvent insurmontable. Il faut pourtant choisir.

Après deux refus, refus d’un étalement en prose du verset dantesque qui s’y trouve anéanti, refus d’une traduction en vers qui peut être agréable à l’oreille mais qui porte fatalement à des inexactitudes et même à des contresens, mon choix reste celui de la strophe dont le rythme est cherché dans une harmonie aussi proche que possible de l’original, sans toutefois lui sacrifier des nuances de sens toujours importantes. Dans l’impossibilité déjà déclarée par Dante — « nul écrit harmonisé par le lien musical ne peut être de sa langue en une autre transformé sans rompre toute douceur et harmonie » (Convivio, I, vu, 14) — il reste à transmettre le transmissible. Parmi le transmissible, il est parfois une certaine obscurité, de mystère ou de réserve, qu’il faut bien se garder de détruire par une clarté importune et grammaticalement correcte. »

— Lucienne PORTIER

Illustrations par Paul Gustave Doré (1832-1883)

Gustave Doré est un illustrateur, graveur, peintre et sculpteur français, né à Strasbourg le 6 janvier 1832 et décédé le 23 janvier 1883 à Paris dans son hôtel de la rue Saint-Dominique. Il fut reconnu internationalement de son vivant.

De 1861 à 1868, il illustre La Comédie de Dante. De plus en plus reconnu, à la fois autodidacte et exubérant, Gustave Doré illustra entre 1852 et 1883 plus de cent vingt volumes qui parurent en France, mais aussi en Angleterre, en Allemagne et en Russie.

Il meurt d’une crise cardiaque à 51 ans, le 23 janvier 1883, en laissant une œuvre imposante de plus de dix mille pièces qui exercera par la suite une forte influence sur nombre d’illustrateurs.